ALTERITE XVI – IDENTITE XXI est une installation interactive, construite dans la Chambre de Commerce et d’Industrie, qui a pour but de composer, avec la participation du public, un autel en hommage aux relations franco-brésiliennes. Une ambiance sonore y évoquera, en français, en portugais et en dialecte indigène, le sentiment qui unit ces deux pays depuis le 16e siècle. Nous vivons dans une époque où les débats culturels se tournent vers la question de la diversité culturelle. Le thème Migrations, proposé par la Biennale de Dieppe – Le Temps d’une Marée 2, m’a tout de suite stimulé à établir des liaisons avec le concept d’altérité, sous un angle du Brésil vers la France.
La morphologie de la ville de Dieppe a pris forme pendant la Renaissance quand la population dieppoise a connu sa plus grande croissance. Les raisons de cette apogée se retrouvent au XVIe siècle, quand les Normands allaient au Brésil chercher le précieux bois de braise dont on tirait la couleur ROUGE très appréciée à l’époque pour teinter les vêtements princiers. Le « Bois-Brésil » fut le premier produit d’exportation à destination de l’Europe, de cette nouvelle terre qui allait en prendre le nom. Mais la venue des européens a fini aussi par changer profondément la vie des peuples natifs de cette région et leurs relations.
FRANCE ANTARCTIQUE / ALTERITE XVI – IDENTITE XXI, prétend offrir d’autres références au sujet du carrefour indentitaire qu’ ont été les grandes conquêtes européennes. Notamment en rajoutant un nouveau point de vue, contemporain, avec la participation de la population locale. France et Brésil sont aujourd’hui des pays qui mènent des relations diplomatiques très positives. Dans le domaine de la macro-économie, nous pouvons même dire que cette relation représente le moteur des relations entre l’Europe et l’Amérique du Sud. J’assume ici le double rôle de « guide touristique » et « guide spirituel » pour évoquer un rituel artistique autour de la couleur rouge, qui matérialise toute l’émotion que l’altérité franco-brésilienne représente. L’identité des êtres humains est perméable et cela ne dépend ni du temps, ni du lieu. Je cherche donc à profiter de mon alter-nationnalité pour agir dans le sens d’une médiation (voire prise de conscience) de l’interculturalité.
Cette Biennale est pour moi une expérience innovatrice dans le sens où elle part de la réalité d’un contexte pour provoquer une réaction collective, dans un processus intéractif. Faire partie d’un tel mouvement me rapproche, par exemple, de vous, lecteur.
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